À l’avant-plan, le double médaillé de Rio, Charles Moreau, accompagné du maire de Saint-Norbert-d’Arthabaska, Jean-François Pinard, et du Dr Martin Rouillard. Derrière, la présidente de Humago, Marie-Claude Guérin et Chantal Moreau, la mère de Charles. Crédit photo: www.lanouvelle.net

CLAUDE THIBODEAU
La Nouvelle

Le paracycliste Charles Moreau, double médaillé paralympique à Rio, pourra désormais laisser à d’autres la recherche de financement et se consacrer pleinement à sa préparation en vue de son objectif ultime, une médaille d’or aux Jeux paralympiques de Tokyo en 2020.

En effet, pour la première fois depuis le début de sa carrière paralympique en 2010, un comité officiel s’occupera du fardeau du financement.

Le Dr Martin Rouillard, chirurgien à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska et triathlète réputé, a accepté la présidence d’honneur de ce comité de financement, soutenu aussi par la présidente de Humago, Marie-Claude Guérin, et par le maire de Saint-Norbert-d’Arthabaska, Jean-François Pinard.

D’ici Tokyo, Charles Moreau doit amasser en moyenne 75 000 $ par année pour les frais de coaching et d’entraînement, pour l’équipement sportif (un vélo, à lui seul, coûte près de 20 000 $), les déplacements et les frais reliés aux divers championnats et aux Coupes du monde.

Approché par Charles Moreau, le Dr Rouillard, qui connait fort bien la réalité des athlètes, ne pouvait refuser l’invitation. «Ça vient me chercher parce que mon but, comme médecin, c’est d’aider les gens. En oncologie, on aperçoit une lueur d’espoir. On est en train de gagner le combat. Les cas de survie sont plus nombreux», a-t-il noté, ajoutant que Charles Moreau constituait une source d’inspiration.

«L’histoire de Charles (victime d’un accident qui a bouleversé sa vie en janvier 2008) peut arriver à tout le monde. Mais c’est la façon de «dealer» avec le problème. L’histoire de Charles, c’est le reflet de ce que je vis tous les jours quand j’annonce un diagnostic de cancer. Les patients doivent se relever et moi, je suis là pour les seconder», a fait valoir le médecin.

«De voir les efforts déployés par Charles, le voir participer à la Classique des Appalaches, ça mérite un encouragement. Il est un modèle pour tous les gens, qu’ils aient un handicap ou non. Nous souhaitons qu’il soit un phénomène local, régional, que les gens s’en inspirent. Si on mobilise la communauté, ce sera déjà beaucoup», a ajouté le Dr Rouillard tout en précisant que la moindre contribution pourra aider Charles à atteindre Tokyo 2020.

Le Club VIP 2020

L’Équipe Moreau 2020 lancera sous peu le Club VIP 2020 pour aller chercher le soutien d’entreprises, de particuliers, de professionnels, des passionnés de sports ou du parcours de Charles Moreau, et qui s’engageront à verser 675 $ par an pour les trois prochaines années.

«Nous organiserons aussi des activités familiales au printemps et à l’automne 2019 afin que tous puissent effectuer un don à la hauteur de leur budget», a indiqué Marie-Claude Guérin, responsable de la campagne de financement et des communications.

«Nous voulons que la ville et la communauté s’approprient son athlète et on travaille aussi à une renommée à la grandeur du Québec», a-t-elle signalé, tout en relevant une disparité.

«Les athlètes olympiques reçoivent des montants importants pour leurs médailles. Les athlètes paralympiques, eux, n’ont rien, d’où l’importance de les soutenir», a-t-elle fait valoir.

De son côté, Jean-François Pinard, maire de Saint-Norbert-d’Arthabaska, n’a pas trop hésité, lui non plus, à accepter la proposition de Charles Moreau.

«Par mon travail antérieur, je suis bien au fait de ce que Charles peut vivre. J’ai suivi son évolution. Si je peux faire une différence pour rendre son quotidien plus facile, j’aurai la satisfaction de l’avoir fait. Je crois énormément en lui», a indiqué M. Pinard.

Optimisme

Charles Moreau, qui a connu, en 2017, sa saison la plus fructueuse avec quatre podiums internationaux, se réjouit de pouvoir compter sur un comité pour l’appuyer.

«Je suis très optimiste, très enthousiaste. Je peux ainsi mieux respirer sans le stress financier et me concentrer davantage sur ma préparation. Et avec ma progression actuelle, de façon réaliste, je peux viser l’or à Tokyo», a confié le paracycliste qui s’entraîne à raison de 15 à 20 heures par semaine.

Sa prochaine saison, d’ailleurs, se mettra en branle sous peu. Le Victoriavillois s’envolera à destination de la Belgique à la fin d’avril pour prendre part à sa première coupe du monde de paracyclisme.

Charles Moreau participe habituellement à huit événements durant une saison, chacun d’eux étant composé d’un contre-la-montre et d’une course sur route.

Les exploits de Charles Moreau peuvent être suivis au www.facebook.com/CharlesMoreauParacycliste/

Enfin, les intéressés à faire partie du comité mis en place peuvent contacter Jean-François Pinard par sa page Facebook.

Publié sur le site lanouvelle.net le 27 mars 2018 à 14h29